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Mise à jour :
29 juin 2005
© pierre salducci - 2002

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N
o u s t o u s d é j à m o r t s
Pierre Salducci a souligné le changement de millénaire
en publiant deux romans
la même année. Les deux livres ont été écrits à des périodes totalement différentes mais les hasards de l'édition les
ont fait sortir quasiment à la suite.
Ainsi, après
Journal de l'infidèle
en avril, paraît
Nous tous déjà morts
en novembre. C'est le troisième volet du cycle Pierre Fortin.
-
«Quand je songeais à
Nous tous déjà morts, au début, je le voyais comme une sorte de
Mademoiselle Else du sida. C'est la direction que je m'étais donnée.
Le roman de l'introspection mise au service de la révolte contre l'injustice.
Les mêmes idéaux de grandeur, la même jeunesse.
Je crois que c'est ce que j'ai fait.»
Nous tous déjà morts n'est pas un livre sur le sida,
encore moins sur la mort. J'ai sous-titré le roman
«Récit de contamination» car je voulais m'arrêter à cet instant précis de la contamination par le VIH, instant dont on ne parle jamais
(parce qu'il est aussitôt éclipsé par la peur de la fin) et qui marque pourtant la frontière entre un avant et un après, plongeant l'individu sans transition dans un état nouveau, inattendu et définitif.
Comme je le dis sur la couverture au dos du livre:
«Il a suffi d'une seconde, d'un geste, et plus rien n'a été comme avant.» C'est un moment crucial, et c'est de cette seconde
et de tous les bouleversements qu'elle entraîne dont il est question.
Denis-Daniel Boullé parle de
«l'avant de la maladie», Joël Métreau dit que «Pierre Salducci relève avec brio toutes les interrogations»
et Olivier Laquèvre que j'écris «tout haut ce que nombre d'entre nous ont vécu tout bas».
En 1985, ma vie a basculé.
François Mitterrand gouvernait la France depuis déjà quatre ans et avait aboli le Fichier des homosexuels de la Préfecture de police de Paris. Les radios libres étaient enfin autorisées. Les gais se sentaient pousser des ailes. Le magazine Gai pied et la radio Fréquence gaie servaient de relais à nos revendications et à nos existences. Nous étions concrets.
Je ne vivais plus avec Jean et n'avais pas encore rencontré Bruno. J'habitais toujours Pantin.
Je travaillais de nuit comme caissier dans un supermarché. J'avais repris mes études à la Sorbonne. Je n'avais jamais encore connu l'ecstasy. Et puis est arrivé le sida.
Il a suffi d'une seconde, d'un geste, et plus rien n'a été comme avant. J'avais vingt-cinq ans.
Impossible d'oublier.
Éditions Stanké (Montréal, Québec), 2000, 200 pages.
En savoir plus :
Ce qu'en a dit la critique
Un témoignage rare et précieux....
Donner la parole à un homme pour
qu'il témoigne du moment de sa contamination au virus du SIDA, ce n'était pas
chose facile, loin de là... Pourtant, l'auteur réussit avec brio à faire
passer toutes les émotions : angoisse, moments de doute, solitude mais aussi,
malgré tout, moments de bonheur et volonté d'avancer dans la vie, de témoigner...
Il faut lire ce livre, vous ne serez pas déçus... Rares sont les témoignages
sur ce moment précis où tout peut basculer dans la vie... Bonne lecture à
tous...
Un lecteur de Vendée, sur le site de Amazon.fr,
8 octobre 2003
Pierre Salducci relève avec brio toutes les interrogations qui entourent une sodomie sans capote, de la drague à l'hôpital, en passant par le coït.
Joël Métreau, Têtu, Paris, France, mai 2001.
Pierre Salducci m'a fait partager ses questions et ses doutes. Il écrit tout haut
ce que nombre d'entre nous ont vécu tout bas durant ces années mitigées où le plaisir et l'inconnu d'une maladie annoncée se partageaient notre envie de vivre.
Olivier Laquèvre, Comme ça ! S'écrit, n° 18, Rouen, France, janvier 2002.
S'il y a eu des romans sur la maladie, peu d'auteurs se sont penchés, sauf Jean-Paul Aaron, sur l'avant de la maladie.
Denis-Daniel Boullé, Fugues, n° 9, Montréal, Québec, décembre 2000.
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