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Mise à jour :
25 juillet 2005

© pierre salducci - 2002

 

E s s a i s   e t   D o c u m e n t s

 

Dès 1990, Pierre Salducci publie une partie de ses recherches de doctorat sur Robert Charbonneau.

«J'ai toujours été autant intéressé par le discours autour de l'écriture que par l'écriture elle-même.»

Pierre Salducci - Lancement "Ecrire gai".«Dans mes livres de non-fiction, j'ai presque à chaque fois exploré le rapport entre écriture et biographie, que ce soit en revenant sur le personnage créé par Robert Charbonneau à partir de Berthelot Brunet, dans mes deux livres consacrés à des parcours de personnalités ( Yves Navarre et Gaston L'Heureux ) ou encore en explorant la relation entre écriture et homosexualité ( Écrire gai et Scènes de la vie gaie ).»

( Ci contre: Pierre Salducci lors du lancement de Écrire gai,
au bar du théâtre La Veillée, à Montréal, le 26 mai 1999.)

 

Les essais et documents de Pierre Salducci :

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Les États Généraux se prononcent en faveur d’un réel développement culturel dans notre communauté et d’un soutien aux médias au sujet des questions gaies et lesbiennes
Article paru dans Le Point (Montréal), n° 29, octobre-novembre 2004

Au cours de l’atelier Culture et communication, les participants aux États Généraux des 3 et 4 septembre derniers se sont livrés à des débats passionnés sur la définition et la place de la culture dans notre communauté, ainsi que sur l’attitude des médias écrits et électroniques au sujet de tout ce qui touche l’homosexualité.

Au niveau de communications, l’insatisfaction était palpable chez la majorité des participants qui se sont montrés mécontents de la façon dont les médias grand public traitent notre communauté. Beaucoup parlaient de «sensationalisme», d’une vision qui ne met pas en avant ce que nous sommes vraiment, encore moins notre évolution et nos démarches, pour céder toute la place aux clichés habituels et aux idées toutes faites. Pour contrer cet état de fait, il a très vite été proposé la création d’un centre d’information destinés au médias qui leur permettrait de trouver l’information "juste" à notre sujet, qui mettrait en évidence nos enjeux et perspectives, et permettrait de mieux faire connaître nos réalités. Ce centre aurait également comme mandat de réseauter l’information disponible, de fournir des personnes ressources compétentes aux journalistes qui en auraient besoin, ainsi que de travailler à diffuser l’information culturelle et sociale émanant de notre communauté.
La diffusion de l’information est d’ailleurs très vite apparue comme un des enjeux majeurs pour améliorer la situation. Certaines voix n’ont pas manqué de souligner en effet que notre communauté ne manquent pas forcément de ressources, de débats ou de productions culturelles, mais que c’est la diffusion de l’information qui fait défaut. En région notamment, plusieurs personnes se sont plaintes qu’elles n’étaient au courant de rien. Certains ont aussi déploré que c’était toujours le même type d’information qui était diffusé et que les médias hésitaient à sortir des sentiers battus pour aborder des sujets nouveaux, moins aguicheurs. Le consensus était flagrant sur le besoin de changement rapide à ce niveau, car la frustration est en train d’atteindre un seuil relativement élevé.
Toujours en ce qui concerne les communications, les intervenants ont pris note avec regret de la disparition des émissions de télé comme Out à Montréal ou Sortie gaie. D’autres ont fait remarquer que l’équivalent français de Pride TV était encore loin de voir le jour et se demandent pourquoi. Pour toutes ces raisons, un effort doit être fait pour donner à la communauté gaie et lesbienne sa juste place sur les ondes, et pas seulement sur des petites chaines privées qu’on ne capte que sur le câble. Les participants se sont montrés satisfaits de la place qu’occupaient les gaies et lesbiennes dans les téléromans, mais ils ont manifesté leur désir de disposer d’une émission bien à eux. Ainsi, ont-ils adopté une résolution précisant que «lors du renouvellement des licences du CRTC, il serait demandé aux conseils d’administration des réseaux de télé publiques et privées (Radio-Canada, Télé-Québec, TVA, TQS) de prévoir la programmation d’un nouveau magazine socio-culturel LGBT.»
En ce qui concerne la culture en tant que tel, il a été impossible d’obtenir un consensus sur la question de la culture gaie qui divise toujours la communauté, d’autant plus qu’une grande confusion règne souvent au sujet de ce qu’on peut appeller culture ou pas. Néanmoins, les participants reconnaissaient tous l’importance de soutenir et de diffuser les production culturelles issues de notre communauté et ce, dans tous les genres. À ce sujet, de plus en plus de voix s’élèvent pour déplorer la programmation des manifestions dites culturelles comme Divers Cité, le Black and Blue ou les Rendez-vous 2006. Certaines personnes estiment que ces organismes ont une vision de la culture qui se limite toujours à la danse et à la musique. Où sont les auteurs, les artistes et les créateurs dans leurs programmations ? À ce sujet, il faut absolument mentionner que même le Gouvernement fédéral s'est montré de cet avis lorsqu'il a déclaré par la voix d'un de ses fonctionnaires que des spectacles avec des DJ ne correspondaient pas à la définition de la culture au Ministère [ au sujet du Black and Blue, journal La Presse, Montréal, 6 octobre 2004 ]. Ouf ! enfin quelqu'un se réveille pour le dire.. 
Il a été mentionné que l’Union des écrivains gais avait soumis le projet d’organiser un salon international du livre gai et lesbien dans le cadre de Rendez-vous 2006, mais que l’organisme n’avait même pas répondu. L’idée a refait surface et une recommandation officielle a été rédigée en ce sens. À noter d’ailleurs qu’aucun représentant de Rendez-vous 2006 n’était présent aux ateliers. Divers Cité également n’a pas daigné participer à la rencontre. Des absences qui témoignent de leur intérêt pour la culture gaie et lesbienne.
Pour finir, les participants se sont montrés favorables à la mise en place d’une véritable politique de la culture gaie et lesbienne de la part du Ministère de la Culture et des Communications du Québec, ainsi que de Patrimoine Canada. Il a spécifiquement été demandé que les divers organismes subventionneurs comme le Conseil des Arts et des Lettres du Québec ou le Conseil des Arts du Canada instaurent un programme de soutien à la diffusion et à la création artistique des gais et lesbiennes, notamment par le biais de bourses ou de prix.
On se souviendra qu’en septembre 2000, le colloque national Nos communautés en marche, qui s’était tenu à l’UQAM, avait déjà abouti à des recommandations quasi identiques, sollicitant entre autres la création d’un «comité de sensibilisation aux groupes de presse» et la création de «prix et de bourses» ainsi qu’une «chaire de recherche dans les universités». Comme quoi il s’agit d’un besoin bien réel de la part des communautés gaies et lesbiennes, et comme quoi également la situation ne s’est pas améliorée depuis quatre ans. Espérons donc cette fois que nos revendications ne resteront pas lettre morte.
[ en médaillon, de gauche à droite : Pierre Salducci, le député bloquiste Réal Ménard et Laurent McCutcheon, président de Gai Écoute et de la Fondation Émergence lors des États généraux à Québec.
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