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Mise à jour :
27 août 2006
© pierre salducci - 2002
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S c è n e s d e l a
v i e g a i e
« J'aime ouvrir des voies et faire des choses qui n'ont jamais été faites. J'aime pouvoir dire de mes réalisations que je suis le premier
à m'être lancé là-dedans ou à y avoir pensé.
«Dès qu'on parle de littérature gaie, on crée rapidement un précédent,
car le domaine est vaste et a été peu exploré.
Le numéro de la revue Moebius que j'ai dirigé est également une première
dans la mesure où jamais encore une revue littéraire grand public n'avait consacré un numéro entier à
l'homosexualité.
«
Ça ne s'était jamais vu au Québec et je n'ai pas connaissance que cela se soit fait ailleurs dans la francophonie. C'était
d'autant plus important que la revue Moebius
ne s'adresse pas particulièrement aux gais et qu'elle a permis de rejoindre un lectorat nouveaux pour tous
les auteurs publiés. C'est une ouverture formidable et je suis très reconnaissant à Robert Giroux et à Raymond Martin de m'avoir donné carte blanche pour ce projet.»
Dans ce numéro, nous avons adopté le parti de choisir des textes proposant une représentation significative de l'homosexualité, masculine comme féminine, sans nous soucier de l'orientation sexuelle des auteurs-es.
En effet, la littérature homosexuelle n'est pas forcément le propre des personnes homosexuelles. Tout comme il existe des gais qui ne disent pas un mot sur l'homosexualité dans leurs livres, on
peut très bien ne pas être gai et donner une place importante à l'homosexualité
en littérature, ce qui est le cas de plusieurs romanciers au Québec.
La seule chose que nous avons demandée aux auteurs était d'être explicites, que le lecteur n'ait pas à lire
entre les lignes ou à décoder le texte
pour comprendre qu'il s'agissait d'une scène de la vie gaie et lesbienne.
C'est dans ce sens qu'ont été lues et retenues les nouvelles qui sont proposées ici. D'où l'idée de ces
«Scènes de la vie gaie» qui sont devenues le thème du numéro.
«Scènes de la vie
gaie», c'est-à-dire mise en scène de l'homosexualité, représentation d'un vécu particulier, d'une différence, dans des contextes et par des gens dont la réalité est souvent peu
connue. Le résultat? Tout sauf un recueil érotique. Car parler de la vie gaie,
ce n'est pas nécessairement parler de sexualité, comme on le pense souvent.
L'homosexualité est avant tout un sentiment amoureux, et parfois, un mode de
vie, mais aussi, comme nous le rappellent les textes de plusieurs auteurs,
un élan de passion, des rencontres, des colères, des obsessions, une certaine réflexion,
des déceptions et des regrets, qui vont même jusqu'à la vengeance. Enfin bref, des
«vues sur la vie» comme nous le rappelait Marguerite Yourcenar en citant les mots du poète.
Sous la direction de Pierre Salducci
Participation de Barbara Brèze, Johanne Cadorette, Danielle Charest, Jean-Paul Daoust, Normand Labrie, Cédric Laval, Pierre Manseau, Hélène de Monferrand, Karim Nasseri, Geneviève Pastre, Josée Plourde, Guy Poitry, Marine Rambach, Pierre Salducci,
Paul-François Sylvestre, Jean-Paul Tapie.
Revue Moebius, n° 82, Montréal, Québec, automne 1999, 187 pages.
Ce qu'en a dit la critique
Pierre Salducci n'a plus besoin de présentation. C'est lui qui, durant de nombreuses années, nous proposait la littérature gaie via des rencontres avec des auteurs au CCGLM, Centre communautaire des gais et lesbiennes de Montréal. Il nous propose des textes traitant d'homosexualité. De la littérature qui parle de la vie gaie sans nécessairement parler de sexualité comme il l'exprime si bien dans sa présentation.
Des textes très forts. «La Fosse aux serpents» de Barbara Brèze est un hymne
à la beauté de l'écriture. Cette femme écrit d'une façon remarquable. Albertin et Bernache sont les personnages de Barbara Brèze. Ils doivent jouir aussi de se retrouver sous
sa plume car elle nous présente les deux hommes de façon romantique et d'une étrange grâce. Un bijou !
«L'Effet bénéfique de la prière» de Pierre Manseau nous fait vivre et revivre le mariage et la séparation de la prière versus l'Être, et de l'homosexualité reliée à Dieu. Avec une délicatesse intelligente, il nous fait passer, en quelques lignes, de la beauté à la folie intérieure. Cette folie, qu'il décrit si bien, est aussi mêlée aux attraits humains.
Jamais je n'ai lu un texte aussi épatant reliant l'église, Dieu, une peine d'amour,
un questionnement de coeur et une baise dans une ruelle.
Ce livre vous propose 16 auteurs-auteures (je n'aime pas le nouveau titre autrices
de l'Académie de la langue Française). Un court texte, mais remarquable de Pierre
Salducci. Moebius, «Scènes de la vie gaie» devrait être sous l'arbre de Noël pour
toute personne qui aime les mots.
Guy Sévigny, La Toile gaie du Québec, décembre 1999.
On ne saura que louer les efforts de Pierre Salducci pour faire admettre aux yeux
de tous une évidence. La littérature gaie existe et, dans un sens, a toujours existé,
et il ne serait que lui rendre justice de lui accorder dans les rayons des librairies
ou des bibliothèques la place qui lui revient. […] ce recueil a le mérite de nous faire
découvrir des auteurs et auteures nombreux qui ne sont pas effrayés par cette catégorisation.
Denis-Daniel Boullé, Fugues, 16e année, n° 8, Montréal, Québec, novembre 1999.
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