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Mise à jour :
25 juillet 2005
© pierre salducci - 2002

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Se libérer du filtrage des
médias
J'ai très souvent eu l'impression que ce que je voulais dire
n'avait pas été retranscrit dans son intégralité.
On a beau côtoyer les médias, répondre à leurs entrevues, être publié dans leurs pages, il en manque toujours de grandes parts,
souvent essentielles à mes yeux, tandis que le journaliste se
plaît à insister sur un point qui ne constitue pourtant pas une part importante de mon propos.
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Combien de fois cela est-il arrivé ?
Combien de fois ai-je donné de très longues entrevues sur la question gaie (notamment pour
« La Presse » et pour « Lettres Québécoises », devant répondre à un véritable bombardement de questions hostiles, ce qui demandait un véritable effort de concentration, tout ça pour
se voir réduit au moment de la publication
à deux lignes présentées de façon agressive où on peut lire:
«Pierre Salducci affirme que...»
Alors que lorsque je parle, s'il y a bien quelque chose
que je
me garde de faire, c'est d'affirmer.
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J'aime chercher à vérifier la crédibilités de mes hypothèses et défendre mes idées, mais de là à affirmer quoi que ce soit surtout dans les médias, et en plus quand
on a l'accent
français et qu'on vit au Québec, je ne suis pas fou ! Je ne fais jamais rien de tel !
Et pourtant, c'est ainsi que ça sortait dans la presse.
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J'ai toujours eu le sentiment que les médias réduisaient ma pensée, qu'ils ne la
cernaient pas (souvent par manque de références) et que ce que j'étais vraiment, le fond de ma démarche, ne se retrouvait pas dans ce qui était présenté comme
étant mon discours.
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Grâce à ce site, je n'ai plus à subir le filtrage des médias. Je peux m'attarder tant que je veux sur une idée, la soutenir, fournir des exemples, je ne serai plus coupé ou réduit à la partie la mieux vendable de mon propos.
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Ce site me permet enfin de tout dire.
Aucun journaliste ne prend jamais le temps de poser de question sur l'origine d'un texte, d'une idée, l'évolution de l'écriture, son inspiration, la place d'un courant comme l'autofiction. Ou s'il le fait, il n'a pas la place pour en rendre compte intégralement.
Ici, je réponds à tout et je prends le temps qu'il faut pour le faire.
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Les éternels mensonges de la presse
ou les dessous
d'une entrevue avec Elisabeth Benoit
Un jour, l'attaché de presse des
éditions Stanké m'appelle pour me dire qu'une journaliste de La Presse
veut faire une entrevue avec moi sur ma collection. Déjà, à la base, je
n'aime pas La Presse. Si ce n'était que de moi, je dirais non, mais
comme ça fait partie de mon travail, j'accepte l'entrevue. Là, on me dit que
la journaliste est à Québec et que ce sera une entrevue par téléphone. C'est
à moi d'appeler la journaliste à mes frais.
Quand je tombe sur Elisabeth Benoit,
il ne me faut pas plus de 5 minutes pour me rendre compte que la journaliste ne
connaît rien à la réalité de la communauté gaie et qu'elle est
complètement hostile à l'idée de la collection. Je me demande alors pourquoi
elle veut faire cette entrevue.
Elle me bombarde de questions toutes plus
vicieuses les unes que les autres pendant au moins 45 minutes. C'est une
entrevue très éprouvante pour moi. Plus d'une fois, j'ai envie de l'envoyer
chier. Elle ne comprend rien. Il faut tout lui expliquer, repartir de zéro, lui
apprendre Stonewall, etc. Je fais ce que je peux pour être le plus clair
possible, lui donner des références, des exemples. Je veux que l'article soit
bon. On m'a dit que c'était un article sur la collection, je me dis que la
journaliste doit avoir de la matière pour son article. Je lui en donne. Pas une
seule fois, on ne m'a mentionné qu'en fait mes propos seraient noyés dans une
mer d'autres avis. Pas une seule fois, on ne m'avertit que le sujet de l'article
sera «Les Collections gays, tremplin ou ghetto?»
Ce que je déplore avec la presse,
c'est que l'information est toujours tronquée. Quand j'ai vu l'article qu'avait
pondu Elisabeth Benoit, j'étais fou de rage.
Les journalistes mentent aux
personnes qu'elles interrogent pour parvenir à leurs fins. Ce qui devait être
un article «sur» ma collection s'est avéré être en fait un article
«contre» ma collection, ce qui est un comble.
Il est évident que si
Elisabeth Benoit avait été honnête, cette entrevue n'aurait jamais eu lieu.
Regardez le plaisir avec lequel elle a été chercher des soi-disant opposants
à la collection, ce qui est une façon à elle d'exprimer son propre point de
vue, en réalité, ce qui ne devrait pas être le cas.
Au Québec, pendant tout
le temps qu'a duré la collection, deux voix se sont en permanence élevées
contre mon initiative. Seulement deux ! Deux sur des millions ! Ce sont
celles de Pierre Samson et de Mario Cyr. Est-ce vraiment faire preuve
d'objectivité que d'aller chercher les deux seuls opposants que la collection
ait jamais eu et de les présenter au public comme s'il s'agissait d'un courant
largement répandu ?
Comme elle avait honte de son procédé, la journaliste
elle-même s'est bien gardée de me préciser que ces deux-là figureraient
également dans l'article, qu'ils seraient consultés et que leur opinion serait
présentée, entrecroisée à la mienne, avec de petits morceaux choisis, comme
si nous avions eu un débat de vive voix. Tout est faux dans cet article. Le
propos. L'intention. La méthode. Le résultat.
-
Maintenant, il faut bien se dire une
chose.
Si l'information culturelle est tronquée à ce point dans "La Presse",
si les procédés des journalistes sont aussi douteux, imaginez ce que ça doit
être quand ils parlent politique, souveraineté ou économie !
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